La différence entre opposition populiste et opposition démocratique.

Une opposition démocratique, c’est une opposition socialement représentative et constructive qui conteste le pouvoir en place avec le soutien libre et spontané des catégories du peuple, éventuellement au moyen de manifestations de rue, mais surtout au quotidien au moyen d’alternatives économiques, sociales et politiques argumentées et chiffrées publiquement déclarés.
La stigmatisation inutile et politiquement malheureuse du candidat officiel du PDCI : une stratégie perdante en terme de réputation démocratique.

La stigmatisation inutile et stratégiquement malheureuse (elle s’est faite au détriment du débat programmatique et de la reddition des comptes) du candidat officiel du PDCI mr Tidjane Thiam en a fait, à tort et au détriment de la réputation démocratique du RHDP, la victime d’une manœuvre d’exclusion ourdie par le pouvoir en place.Cette erreur est une faute stratégique et politique majeure à porter au débit RHDP qui semble porter la responsabilité de cette stigmatisation, en dépit de la plausibilité d’un soupçon qu’aurait pu permettre d’éclairer dès le départ la question de l’intérêt.
Élection présidentielle ivoirienne d’octobre 2025. (3ieme partie): Le fatum des partis et le boulet de l’expérience pluraliste africaine.

Le journal « Le point » souligne à juste titre, en sa publication du 27 juillet dernier, que la campagne de l’élection présidentielle ivoirienne d’octobre 2025 prochain est notoirement caractérisée par d’interminables débats procéduraux, par des controverses irréconcilables sur la légitimité de certaines candidatures, par la formation de coalitions problématiques et surprenantes; des dérivatifs qui occultent la question de fond: le quasi-dénuement programmatique des candidatures, l’absence de débats programmatiques interpartisans à trois mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025.
N’est-il pas pourtant indispensable de rappeler qu’en ce désert programmatique existe pourtant bel et bien en Côte d’Ivoire une exception notable qui manque étrangement de visibilité; une opacité à laquelle semble participer de gré ou de force, l’acteur local qu’elle dessert le plus ?
« À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » dit l’adage Cornélien.

En Côte d’Ivoire, le parti au pouvoir, le RHDP, devrait se garder de se complaire dans le statut peu enviable de parti dominant vers lequel le poussent fatalement la faiblesse politique et la désertion (délibérée et volontaire ?) de ses adversaires; triomphalisme de mauvais aloi auquel l’incitent les divers apologues, activistes et porteurs d’encensoirs (les nouveaux griots) qui gravitent autour des ministères s’y adonnant au culte de la personnalité et à la flatterie des egos; une dérive mortifère bien connue qui conduit toujours un parti et un acteur politique à la perdition.
Présidentielle ivoirienne d’octobre 2025.(Deuxième partie): L’inexistence d’instituts nationaux de sondage, une carence symptomatique en nos jeunes démocraties pluralistes africaines.

La démocratie étant le régime du pouvoir du peuple, elle met la volonté du peuple ( l’opinion publique) au centre de la vie politique et crée, à cette fin, des instituts de sondage d’opinions pour faire connaître la volonté populaire sur les sujets centraux de la cité, pour permettre aux gouvernants d’en tenir compte.
Dans ce cadre l’absence de sondages crédibles, capables de rendre objectivement compte de l’état de l’opinion publique ivoirienne et à rendre visible les avis de la population en amont des décisions politiques et des échéances électorales, symptomatise en fait une des tares politiques majeures des jeunes démocraties pluralistes africaines: la résilience de l’esprit autocratique dans la classe politique des pays, son indifférence à l’état de l’opinion publique et aux avis des populations, la non-reconnaissance de l’autonomie de la société civile par le pouvoir politique, la domination et la subordination, de la société civile à la société politique par des mécanismes divers,
Présidentielle ivoirienne d’octobre 2025: le scénario fatal et l’enjeu démocratique. (Première partie)

Au delà de la victoire prévisible du RHDP, l’enjeu politique vital en Côte d’Ivoire est de parvenir à transformer durablement la jeune démocratie pluraliste ivoirienne en démocratie substantielle apaisée animée par une opposition constructive.
Car comme on le voit d’après les contestations post-électorales qui s’annoncent, dans une triste rhapsodie depuis décembre 2010, les victoires électorales successives de la gouvernance programmatique du RHDP, ses performances économiques, son projet de construire la nation par la modernisation économique et de transformer l’affrontement politique ivoirien par l’exemplarité d’une gouvernance programmatique, n’ont pas pu résoudre les problèmes de mentalité et de conception du pouvoir qui minent la classe politique ivoirienne depuis l’entrée du pays dans le régime de démocratie pluraliste.
Polarisation « mandataire » du débat électoral ivoirien: signe de vitalité démocratique ou symptôme de dérive oligarchique et même autocratique ? Le fond du problème

En démocratie c’est le peuple qui octroie les mandats électoraux aux candidats méritants et socialement représentatifs de sa classe politique.
Ce n’est pas la classe politique et les partis qui s’octroient eux-mêmes des mandats électifs, qui s’auto-légitiment; comme c’est le cas dans un régime d’autocratie où l’élection, quand elle a lieu, n’est qu’un decorum
Le débat électoral démocratique est donc nécessairement de ce fait, et par définition, un débat public sur les programmes partisans qui justifient les candidatures à l’exercice d’un mandat électif attribué par le peuple au moyen du suffrage universel.
Ce n’est pas une dispute oligarchique organisée par la classe politique sur la répartition et l’alternance des « mandats électoraux « .
Changer ou périr : la démocratie substantielle, un enjeu vital en nos États post-coloniaux africains.

Ni les dictatures militaires, ni les autocraties civiles, ni les démocraties purement électoralistes, ne peuvent résoudre, sur le court ou le long terme, en nos États multiethniques et multiconfessionnels post-coloniaux dont l’histoire est singulière, les problèmes vitaux suivants….
À la source des crises politiques et post-électorales en nos États multi-ethniques et multi-confessionnels post-coloniaux, des mentalités et des conceptions surannées et dangereuses à révoquer.

Au-delà des causes structurelles et des passifs de l’ex-occupation coloniale, les crises politiques et post-électorales en nos États multi-ethniques et multi-confessionnels post-coloniaux , depuis l’indépendance politique de ces États, semblent être dues à la prorogation des conceptions mortifères de la société, du pouvoir politique et de l’État qui s’ancrèrent dans les consciences collectives sous l’œuvre des régimes autocratiques de parti-unique et des dictatures militaires.
Il faut, par exemple, dans la Côte d’Ivoire de nos jours et d’autres États, révoquer notamment dans la classe politique du pays, toutes les représentations mentales, les conceptions autocratiques, communautaristes et exclusionnistes de la société, du pouvoir et de l’État, des héritages culturels anti-démocratiques et liberticides, qui continuent d’y prédominer.
Il faut proscrire les anti-valeurs qui servirent à établir et réguler le régime
Le « parrainage citoyen » à l’élection présidentielle : un concours de présélection démocratique.

L’élection démocratique est un processus d’habilitation, de qualification et de sélection.
Elle est à la politique ce que le concours et l’examen sont à l’administration : c’est une épreuve de sélection de capacités et de compétences .
Elle teste et choisit les plus aptes; et au final le plus apte des plus aptes quant à leurs capacités à incarner, à représenter et à servir les intérêts et les valeurs de la Nation.
L’injustice et l’exclusion primordiales en démocratie serait celle qui consiste à exclure le peuple en faisant de l’élection à la présidentielle et aux mandats électoraux un processus de choix hasardeux, arbitraires et non-encadrés de candidats dépourvus de représentativité sociale et de programme politique.