Élections législatives en Côte d’Ivoire: la question de la nature du peuple et de la nation démocratiques et de leur représentation dans un État-multi-ethnique.

Le peuple démocratique est-il effectivement constitué en Côte d’Ivoire ?
Certes l’intégration nationale et citoyenne de la diversité des ethnies et des confessions du territoire ivoirien est l’objectif ultime visé par le RHDP.
Néanmoins cet objectif ultime qui définit le développement et dont la démocratie est la médiation est-il en voie d’être pleinement réalisé?
La résilience de certains éléments de langage et d’une certaine représentation géopolitique du peuple et de la nation, dans toutes les classes de la cité, soulève des questions.
Preuve en est qu’aux termes…….

En quoi consiste « l’économie faussée » qui plonge actuellement le monde dans l’état de nature et le risque de guerre mondiale ? Une crise de la séparation des pouvoirs.

La modernité, l’état civil et l’efficience de l’économie industrielle sur laquelle reposèrent la prospérité des nations et la naissance de l’État Providence, furent bâtis sur division du travail entre l’économie et la politique, sur la séparation de leurs sphères respectives .Il fut institué que les détenteurs du pouvoir économique ne devaient pas en même temps détenir le pouvoir politique; que les détenteurs du pouvoir politique ne devaient pas réciproquement détenir en même temps le pouvoir économique; que les détenteurs du pouvoir judiciaire ne devaient pas aussi détenir même temps, ni le pouvoir politique, ni le pouvoir économique; de même, réciproquement, les détenteurs du pouvoir économique et les détenteurs du pouvoir politique ne devaient pas détenir le pouvoir judiciaire.Ces règles régulatrices des corps politiques modernes furent à la base de la constitutionnalisation des principes de SÉPARATION des POUVOIRS et de L’INTERDICTION DES CONFLITS D’INTÉRÊT .

« Gouvernance Alassane Ouattara » , « Gouvernance Laurent Gbagbo », « Gouvernance feu Henri Konan Bédié » : une comparaison conceptuelle et réflexive.

À rebrousse-poils des cultes de la personnalité et des diffamations, cette définition de situation essaie d’interpréter et de comparer objectivement ces trois gouvernements à l’aune des obédiences politiques dont leurs chefs respectifs se réclamèrent : le libéralisme, le nationalisme modernisateur, le conservatisme, le socialisme révolutionnaire anticolonialiste.Le débat démocratique ivoirien devrait avoir cette structuration conceptuelle, analytique, critique et explicative pour éclairer le vote populaire.Car la légitimité des gouvernements dans une démocratie ne s’apprécie pas seulement selon le charisme des chefs politiques; et encore moins selon leurs aptitudes de démagogues et leur habileté à conquérir et à conserver le pouvoir par la ruse.

Selon l’orthodoxie de ce régime de la représentation politique, elle devrait s’évaluer d’après la capacité des acteurs politiques à se conformer aux projets sociétaux des obédiences politiques dont ils se réclament et à formuler en programme de gouvernement, les demandes des catégories sociales et professionnelles dont ils prétendent porter la parole et représenter les intérêts.

Cette légitimité devrait se juger selon l’aptitudes des acteurs politiques à réaliser ces projets sociétaux et accomplir les promesses sociales afférentes; à satisfaire concrètement, à la fois, les demandes et les intérêts particuliers catégoriels de leurs électorats et l’intérêt général national de la cité, par des solutions et des choix politiques pertinents.

La nocivité du culte de la personnalité et de la diffamation du chef politique : une contre-performance contre la démocratie.

Le premier bastion de défense de la démocratie pluraliste parlementaire en tant que régime de la délibération contre la dictature ( le régime des diktat) et l’autocratie (le régime de l’arbitraire du chef), est la force de la conscience politique des peuples. C’est l’information et l’éclairement des consciences individuelles et collectives. C’est l’œuvre d’éducation qui permet à l’opinion publique de se déterminer toujours comme opinion réfléchie, raisonnée et autonome.

L’efficience du régime de démocratie pluraliste représentative: le devoir d’exemplarité des dirigeants politiques et la pédagogie démocratique.

Quand les peuples qui font l’expérience de la démocratie après avoir vécu sous des régimes autocratiques en viennent, sous l’assaut des faits, à penser, à se convaincre et à croire que la démocratie ne leur apporte rien, de mieux et de bon, en matière de liberté et d’amélioration de leur condition matérielle d’existence; quand ces derniers en viennent à penser que la démocratie leur apporte plutôt de l’instabilité politique, du désordre, de la corruption sociale, politique et économique en plus de conforter dans les faits, au moyen des mécanismes électoraux, le pouvoir et la tutelle des groupes naguère dominants, ils ont tendance à le rejeter et à éprouver de la nostalgie pour le régime antérieur d’autocratie, à préférer y retourner.
Le désabusement populaire qui résulte de la trahison des promesses de la démocratie pluraliste représentative amène, partout dans le monde, les peuples à en appeler à l’avènement d’un homme fort, à tomber sous la séduction des démagogues et des populistes de tous poils.

Le modèle politique ivoirien :  la priorité de l’économique, du social et de la redistribution.

Le modèle politique ivoirien repose sur la priorité de l’économie et sur la conception du développement comme consistant à construire la nation c’est à dire à inclure et à intégrer la diversité des ethnies et des confessions du territoire au moyen de la modernisation économique .Dès le début des Indépendances, écrit l’historien Elikia Mbokolo, » les autorités ivoiriennes confrontées à la question du développement et de l’intégration politique de la diversité ethnique s’assignèrent «une double tâche : donner la priorité à l’économie, choisir avec toutes ses conséquences la voie capitaliste. »Ils choisirent de » ne pas se laisser aller aux idéologies ».
Comme le précise cet historien, la Côte d’Ivoire fut « l’un des rares cas en Afrique où les responsables ne se réfugièrent pas derrière des slogans  » socialistes » ou « révolutionnaires »à l’aube de l’Indépendance. 

Il n’y a pas de développement endogène sans inclusion et sans intégration politique, économique et sociale.

Construire l’unité politique, économique et sociale de l’Afrique, développer de manière endogène le Continent c’est construire par la médiation de la démocratie l’unité nationale des États et intégrer par ce biais les États-nationaux dans une communauté politique et économique supra-nationale, régionale et continentale plus vaste.
Ce processus est le chemin à travers lequel se réalise le véritable panafricanisme.
L’UA, la CEDEAO auxquelles il faut donner un contenu démocratique substantiel, en sont les truelles opérationnelles.

La résurgence des coups d’État militaires et des régimes autocratiques en Afrique : conséquence d’un « affaiblissement des idées démocratiques dans la région » ou résistance d’une ancienne structure de domination ?

La résurgence des coups d’État militaires, des dictatures et des autocraties en Afrique de l’ouest en particulier et en Afrique en général ne peut donc pas s’expliquer par un « affaiblissement des idées démocratiques » dans le continent; pour la simple et évidente raison que l’acceptation et l’intériorisation des valeurs démocratiques qui étaient susceptibles de s’institutionnaliser dans de nouvelles de structures, autrement dit, la nécessaire acculturation au pluralisme n’eut jamais lieu et ne fut jamais la préoccupation des États et des gouvernements.

Qu’est ce que le loyalisme de l’Opposition en démocratie ?

En démocratie le Pouvoir et le Contre-pouvoir se soutiennent réciproquement pour constituer l’Arche Sainte du régime délibératif;
De même qu’en démocratie le Pouvoir est constitutionnellement limité par le Contre-pouvoir, le Contre-pouvoir est aussi réciproquement encadré par la Constitution qui délimite les attitudes qui lui sont permises.